Not all tomatoes

Une bonne WITE (Women in transition écologique) est une Wite heureuse, sereine qui avance sur le chemin de la transition écologique en souriant, en glanant les éco-gestes par-ci par-là et seréjouissant de toutes bonnes nouvelles.

Cependant une Wite peut malencontreusement parfois s’agacer d’habitudes délétères pour la planète et ses habitants. Des habitudes qui semblent être ancrées comme des moules à leurs rochers dans l’esprit de nos concitoyens. Dans le genre, j’appelle la tomate cerise. Bien cultivée et de saison elle peut être un bonbon à savourer crue ou cuite mais lorsqu’on la voit toute l’année orner nos assiettes dans les brasseries ou se pointer à tous les apéros elle commence clairement à jouer les incrustes malvenues. Et c’est pareil pour sa grande soeur tomate.

Pourquoi je m’agace ? Parce que cette habitude est décorellée de la nature et du bon sens et entretient un système économique qui ne profite ni à l’environnement, ni au travailleur. Pour qu’il y ait des tomates cerises rouges dans votre assiette toute l’année, l’Andalousie a été défigurée. La région est recouverte de serres en plastique que l’on doit changer tous les trois ans (ce qui implique des tonnes et des tonnes plastiques jetées chaque année).

Ce qui était une bonne idée au début (cultiver sous serre pour améliorer les revenus des agriculteurs en profitant de l’extraordinaire ensoleillement de la région) a défiguré une région et appauvri les nappes phréatiques. Aujourd’hui il faut aller jusqu’à 7 mètres sous terre pour trouver de l’eau autour d’Almerilla. Evidemment tout ce marché ne se fait pas sans engrais et pour que la tomate arrive en bon état dans vos assiettes et à un bon prix, elle est est cueillie avant sa maturité par des travailleurs précaires. Vous en conviendrez : rien ne va. 

Ce qui est fou c’est que lorsque je me risque de temps en temps à remettre en question cette pratique on m’oppose toujours « oh j’en prends de temps en temps », « c’est bio », « ça va, ca vient d’Espagne, c’est pas si loin ». Tout cela est vrai mais l’habitude et la quantité consommée détruisent une région et surtout cette tomate cerise n’a ni goût, ni valeur nutritionnelle. En revanche elle a un coût humain et environnemental bien salé.