Namo

Namō, oasis japonaise en normandie

Entre minimalisme, architecture durable et cuisine locale, NAMŌ propose une retraite hors du temps où chaque détail est pensé pour respecter la nature et ralentir.

NAMŌ, c’est le projet un peu fou d’Alison et Jason, deux voyageurs au long cours qui, un matin d’avril 2018, en flânant sur l’Île Saint-Louis à Paris ont ressenti l’évidence. Créer un lieu à leur image. Une auberge pas comme les autres, un ryokan normand, hors du temps et des tendances. NAMŌ ne s’est pas fait en un jour. Il a fallu six ans de voyages, d’études, d’obstacles. Un charpentier trop cher, des matériaux impossibles à trouver, des murs en paille qui n’entraient dans aucun cahier des charges. Il a fallu convaincre, apprendre, fabriquer soi-même. Poser 72 000 clous, découper 900 planches de bois, plaquer 9 000 bandes de liège. Creuser un jardin où il n’y avait qu’un verger malade. Et recommencer. Encore. Jusqu’à ce que tout prenne forme.
 

Ici, on quitte ses chaussures en arrivant. On oublie son téléphone quelque part, sans y penser. Les lignes sont nettes, les espaces ouverts, les matières brutes. Bois clair, tatamis de jonc odorant, cloisons en papier de riz. Huit chambres, toutes identiques, pour éviter la loterie des petits privilèges. Chacune avec sa salle de bain, ses WC, ses fenêtres coulissantes sur un jardin tiré au cordeau. On s’installe, on respire, on écoute. Le silence est là, diffus, naturel.

Le bâtiment, lui, ne fait aucun compromis. Un organisme vivant, sans chauffage, sans climatisation, où la chaleur du soleil, captée par 35 mètres de baies vitrées, infuse doucement dans le sol en béton brut avant d’être restituée aux heures fraîches. Une coque en bois, liège et paille, pensée pour durer sans peser. L’eau suit le même principe : récoltée, filtrée, réutilisée. Les toilettes, les machines à laver, le jardin japonais – tout fonctionne à l’eau de pluie. Un bassin de phytoépuration fait le reste. Rien ne se perd, rien ne pollue. 

Dans l’assiette, la même exigence. Une cuisine végétarienne, saisonnière, radicalement locale. Une cheffe qui compose comme une calligraphe, avec des légumes oubliés, des herbes du matin, des céréales d’ici. Les saveurs sont pures, les textures précises. Le matin, soupe miso, riz et légumes lactofermentés dans une vaisselle façonnée par des céramistes normands. Pas de chichis, juste l’essence des choses. 

On s’installe, on respire, on écoute. Le silence est là, diffus, naturel. Et puis il y a le yoga. Accessible à tous, qu’importe l’expérience. Les premières postures font sourire, les corps s’ajustent, et très vite, les gestes deviennent plus fluides. On inspire, on expire, le gong résonne, grave et profond, et l’on se laisse envelopper par ses vibrations. 

Certains repartiront avec des réponses. D’autres avec de nouvelles questions. Qu’importe. Ce qui compte, c’est ce moment. Là. Maintenant.

NAMŌ
Tarif & réservations
à partir de 680€ pour deux en week-end découverte

Mots: Jessica Bros  

Photos: Namo 

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