Que (re)voir aux Rencontres d’Arles ?

Pour ceux qui n’ont pas encore traversé Arles cet été, les Rencontres se poursuivent jusqu’au 5 octobre. 4 expositions, entre poésie et inquiétude, interrogent notre rapport à la nature, à la lumière et aux récits fondateurs.

Nos enfants grandissent au milieu d’une nature qui s’embrase

Dans sa série Feu de brousse et inondation, Lisa Sorgini observe ses enfants évoluer dans les terres australiennes soumises aux dérèglements climatiques, là où feux et inondations se succèdent. Les bougies d’anniversaire que souffle son fils semblent répondre aux flammes qui encerclent la maison, tandis que sa fille, pensive, regarde par la fenêtre un avenir incertain. L’enfance s’enchante encore de jeux en extérieur, mais derrière, les forêts décimées et les routes inondées rappellent la fragilité du monde. Avec sensibilité, Lisa Sorgini mêle l’émerveillement enfantin et l’angoisse maternelle face à une planète en crise.
 

→ On country : photographie d’Australie, Église Saint-Anne

Mémoire d’Ayahuasca et expérience sensorielle de l’Amazonie

Avec Les partenaires de l’air, Musuk Nolte livre une errance personnelle le long des rivières amazoniennes. Entre souvenirs d’une expérience sous Ayahuasca et lien intime avec les animaux, la flore et les hommes de la forêt, il fait dialoguer toutes choses. Air, ciel et terre s’entrelacent à travers le regard d’une panthère blanche aux reflets noirs. Un voyage onirique et habité, à la frontière du réel et du spirituel.

Les partenaires de l’air, Espace Monoprix, Prix Découverte 2025 de la Fondation Louis Roederer

Voyage divin aux origines de l’eau

Une partie de l’exposition rend hommage au travail de Claudia Andujar. Dans les années 1970, elle parcourt la rivière Jari, alors menacée par des projets industriels. Ses photographies suspendent une Amazonie originelle, où l’eau coule en cascade, où la beauté divine se mêle à la crainte d’une exploitation imminente. Entre spiritualité et alerte écologique, Claudia Andujar compose un témoignage vibrant d’un territoire en péril.

Les mythes infinis

Au Parc des Ateliers, Wael Shawky convie les visiteurs dans Je suis les hymnes des nouveaux temples. Inspiré des récits grecs, romains et égyptiens, l’artiste réinvente des mythes fondateurs pour mieux interroger notre présent. Au cœur de l’exposition, un film de 57 minutes met en scène des figures masquées de porcelaine qui incarnent dieux et hommes, entre trahisons et farces humaines. Les mythes deviennent miroir de nos vices, mais aussi promesse d’un renouveau. La voix de Gaia, déesse primordiale de la Terre, suffira-t-elle à guider une nouvelle humanité ?

Je suis les hymnes des nouveaux temples, Grande Halle du Parc des Ateliers, jusqu’au 2 novembre 2025.
Mots & Photos : Alizée Bauer 

 

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(c) Lisa Sorgini
(c) Musuk Nolte
(c) Musuk Nolte
(c) Claudia Andujar
(c) Claudia Andujar

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