Le geste de Pascale Zintzen sous le regard de Valérie Favier

D’un côté nous avons une photographe à l’univers extrêmement délicat, poétique et aérien et puis de l’autre une céramiste touche-à-tout qui semble être née la fleur au pinceau et les mains dans l’argile.

 Les gestes sont précis pour l’une et l’autre, les regards assurés, les destins se déroulent avec une sérénité quasi implacable. Mais voilà que soudain elles décident de se rencontrer et non seulement de se rencontrer mais de mettre en commun langages, idées, trajectoires, énergies, identités et de tisser l’ensemble. À ceux qui voudraient retrouver dans ce reportage l’œil de la photographe, la main de la céramiste ou l’inverse on préfère prévenir c’est peine perdue car la synthèse de leurs univers est à la fois totalement surprenante et éminemment familière. Comme si ces deux-là avaient un peu trop attendu pour nous tendre enfin leur monde. Pascale se prête au jeu de la pose avec d’autant plus de facilité que c’est presque une conversation de plus qu’elle entame avec Valérie. Rien n’est forcée, tout semble juste et à sa place, on est en confiance, on est entre nous.

 

C’est bien de cela qu’il est question dans ce duo : d’un respect mutuel, de ce naturel qui naît d’une très grande proximité, de talents d’autant plus éclatants qu’ils s’éclairent l’un l’autre. Les pièces de Pascale ancienne archéologue, regroupées sous le nom de Oikos Studio revendiquent leur côté utilitaire. Ils deviennent des prolongements spontanés de son visage et de ses mains, les outils de cette pièce ludique qui se déroule sous nos yeux. La photographe est au plus près, au plus juste, variant les cadrages, les lumières comme pour étirer sans fin les bornes de nos imaginaires. Le décor est tout trouvé avec la Casita de Pascale, cette maison chaulée de la Costa Dorada, qui est aussi son atelier. Un lieu qui semble avoir fait un pacte avec la nature environnante pour surtout main dans la main, continuer à grandir ensemble. Finalement on se retire sur la pointe des pieds, ne voulant pas comme le disait Baudelaire être « ce mouvement qui déplace les lignes », rompt l’harmonie, trouble la subtilité des gestes et des chorégraphies. On emporte chanceux des fragments de l’intimité partagée de ce duo qui a décidément bien fait de se connaître. Il n’y a pas de hasards juste de très beaux rendez-vous.

VALERIE FAVIER – Photographe 

PASCALE ZINTZEN– Céramiste 

Mots : Audrey Demarre 
Photographies : Valérie Favier

Partager :

à lire aussi

Retour en haut